mercredi 3 mai 2006

NOUVELLE

La mer t’hume

Elle aurait aimé être serrée dans les bras de sa mère. Mais sa mère vivait à une douzaine d’heures de chez elle. Et puis, elle n’a jamais pleuré dans ses bras, ou peut être, oui sûrement, lorsqu’elle était petite Un frère, une sœur, avec des épaules bien solides sur lesquelles elle aurait pu poser sa tête ? Non, elle n’en a pas, fille unique hélas. Elle a répertorié mentalement la liste de ses amis, mais il aurait fallu tout expliquer et elle n’en avait aucune envie. Elle a bien ses enfants, mais c’est à elle de les serrer dans ses bras, de les consoler, pas l’inverse.
Alors, elle a pris sa voiture, il fait beau aujourd’hui, et elle a filé vers la mer. Elle a marché, longtemps, mais sans trouver l’apaisement. Elle s’est assise sur les galets, loin des autres, loin des gens qui déjà se bronzent au soleil….Et elle laisse son esprit vagabonder….Elle pense à tout, elle pense à rien, jusqu’à ce que Lucie apparaisse dans son esprit.

Lucie arrive souvent dans ses pensées. Quand elle est triste, quand elle est gaie, elle le partage avec Lucie. Lucie, en réalité Lucia, c’est sa mamie. C’était sa mamie, elle est partie, il y a quelques années déjà. Elles se voyaient très peu souvent, deux fois l’année dans sa petite enfance et beaucoup moins par la suite, parce qu’elles étaient éloignées géographiquement. Elles avaient beaucoup en commun Lucie et elle. Elles se comprenaient, la même sensibilité, la même sociabilité, la même façon de voir les choses. Lucia, Lucie, parce que c’était plus facile de franciser un prénom italien pendant la guerre pour recommencer une nouvelle vie, c’était quelqu’un ! Une petite bonne femme toujours souriante, pleine de mimiques d’expression et lorsqu’elle parlait, sa voix chantait. Sa manière de rouler les « r », et sa façon d’appuyer sur certaines syllabes en faisait un être à part. Elle vivait dans une petite ville de l’Est de la France et était connue et reconnue de tous. Chaleureuse, un petit mot gentil pour chaque personne qu’elle croisait, serviable, dévouée, elle était tout ça à la fois Lucie.

Perdue dans ses pensées, elle ne perçue pas tout de suite ce que Lucie lui soufflait, « pleurrrrre, vas-y pleurrrre ! Ça soulage tu verrrrras ! Alors doucement, sans bruit, les larmes se sont mises à couler, libératrices et toute cette amertume, s’est noyée, dissoute dans le sel des larmes et de l’air marin. Elle ne s’est pas rendu compte tout de suite que ses yeux coulaient. Un homme âgé, qu’elle n’avait pas entendu arriver, s’est assis près d’elle, sur les galets. Tout en faisant face à la mer, en regardant les vagues, il a murmuré « un si joli visage avec des yeux si triste » Elle l’a regardé, ils se sont souris. Elle a séché ses larmes et a poussé un long soupir. Ils se sont lancés dans une conversation très courtoise, pas comme deux inconnus, ni comme deux amis, non, comme deux personnes qui se connaîtraient de vue. Durant près d’une heure, il l’a fait sourire, même rire parfois, jusqu’à lui faire oublier ce pourquoi elle était venue. Et puis, comme il est venu, il s'est levé, lui a dit être ravi de cette petite discussion, et que si elle se sentait triste à nouveau qu’elle vienne voir la mer, lui n’est jamais bien loin…..
Il s’est éloigné vers la ville, elle l'a regardé longtemps, jusqu’à ce qu’il disparaisse.

Elle s'est levée à son tour, a regardé le ciel et a murmuré »merci Lucie »



Ti amo nonna

12 commentaires:

sandrine a dit…

Ne t'aurais-je pas plutot coupée l'herbe? Allons allons, toi que es si à cheval sur le français! Et puis dommage tu as commenter avant que je ne corrige la fin (j'avais changé le temps s'en m'en rendre compte!)

sandrine a dit…

je t'em....... brasse Alex! lol

Anonyme a dit…

Comme on dit que d'émotions... derrière ma carcasse je reste un grand émotionnel et je pense que tu comprendras pourquoi à la lecture de ce billet les larmes sont toutes naturellement venues à moi et les frissons aussi....

Pensée à tout ceux qui suivent notre vie loin des yeux mais toujours près du coeur ...

sandrine a dit…

tu anche sai, Chris. Era quelcuno la cosa nostra nonna! Con tutte le buone azioni che ha fatto su terra, è ovvio che continua a vegliare su noi di dove si trove.

Anonyme a dit…

J'aimerais telement un jour etre cet homme sans aucune arriére pensée reconfortant une demoiselle en peine sur cette plage qu'y m'a vu naitre ou n'importe ou ailleurs...

sandrine a dit…

Je sais que tu peux l'être Régis! Il suffit juste d'avoir un peu de temps, d'ouvrir les yeux, et le tour est joué! Tu as déjà le coeur pour le faire et tu sais trouver les mots qu'il faut.

Anonyme a dit…

parli molto ben italiano.
Guardia la morale ed il sorriso... e se necessité telefona quando vuoi.
Un pensiero al mio grande cugino preferito

Anonyme a dit…

je traduit pour les gens ki savent pas lire l'italiano:
parti en moto vers l'italie..
gardes la morue et le chorizo en appero..
c pa necessaire de me telephoner kan tu bois..
en pension je met ma grande culotte et mon perfecto..
bon si g fé une erreur de traduction vous me dites.. g des doutes !!

Anonyme a dit…

pas mal pas mal !!! ;o)

sandrine a dit…

Tu touves Chris que Régis a passé l'épreuve avec succès??
Bon allez ok!
Je déclare :
Régis traducteur officiel!!!! (de ce blog uniquement, je ne veux pas prendre de risques inutiles, non plus!)

Anonyme a dit…

Greets to the webmaster of this wonderful site! Keep up the good work. Thanks.
»

Anonyme a dit…

Nice idea with this site its better than most of the rubbish I come across.
»